Destination Calvi au Nord Ouest de l’île de beauté

Septembre 2012

 

Deux avions du club et un ULM ultra-rapide.

Sept personnes au total avec notre chef pilote.

(Une petite équipe mais équipe quand même)

Deux briefings seront nécessaires avant le départ pour l’organisation du voyage et un dernier une heure

avant notre départ. (Météo, notams, plan de vol)

Deux étapes sont prévues pour l’avitaillement, St Rambert d’Albon au sud de Lyon et le terrain de Cuers un des plus proche du V.O.R de St Tropez.

Le V.O.R de St Tropez fait partie d’une verticale obligatoire avant d’effectuer une traversée pour l’ile.

Les départs de Chartres se feront environ à 20 minutes d’intervalles entre chaque avion.

Les moins expérimentés pour ce vol seront avec le chef pilote et fermeront la marche du voyage.

Les prévisions météo seront comme prévu, exceptionnelles.

Il est environ 10 heures du matin lorsque nous mettons plein gaz dans l’axe de piste de Chartres.

Moment tant attendu par chaque pilote où dégage concentration et tension propre à chacun.

La durée de vol estimée de notre première étape est d’environ deux heures.

Les procédures radio, les différents services d’informations de vol et le trafic aérien ont été des éléments bien présents pendant tout le voyage jusqu'à l’ile.

Après environ 1h30 de vol, passé vertical de l’aérodrome de Roanne au niveau 75, nous entendons à la radio auprès du service information de vol un des nôtres qui, curieusement, s’annonce en provenance de Lapalisse et à destination de Lyon Bron... une route complètement perpendiculaire à notre route idéale, que se passe-t-il ?

L’équipage du PA 28 a rencontré un incident de pompe à vide qui supprime l’horizon artificiel ainsi que l’affichage réel des caps du conservateur. Une panne handicapante et insécurisante pour réaliser une traversée de près d’une heure au-dessus de l’eau. L’atelier mécanique de l’aérodrome de Lapalisse constatera la panne mais sans possibilité de réparer pour cause de pièce non disponible. Lyon Bron deviendra donc l’étape d’intervention rapide et de restauration pour l’équipage du PA28 afin de continuer leur voyage en toute sécurité.

St Rambert d’Albon restera comme prévu au briefing, la première étape pour les autres équipages.

Après un déjeuner en comité plus restreint (panne oblige) nous repartons pour la poursuite du voyage.

En ce début de vendredi après midi avec un cap plein sud, le trafic aérien et la communication radio sont intenses. La température extérieure supérieure à 30° commence à se faire sentir par l’équipage du DR400 mais aussi par certains appareils de navigations comme le transpondeur, qui, sans prévenir, s’autorise des pauses !

Un rafraîchissement et une recharge de batterie au bar de l’aérodrome de Cuers seront les bienvenus pour tout le monde y compris pour l’ipad GPS qui nous offrira une traversée plus confortable et plus sereine.

Décollage, cap sur St Tropez, contact avec le siv Cannes, code transpondeur et concentration sur le vol entre ciel et mer et ses différents points de passages avant d’atteindre Calvi.

Il faut dire que même si la météo est bonne nous ne voyons aucune différence entre le bleu du ciel et celui de la mer. Après environ 50 minutes de vol avec l’horizon artificiel nous commençons à apercevoir les premiers cumulus sur les reliefs accidentés de la cote ouest.

Le spectacle visuel s’agrandit de minute en minute. Vue du ciel, la terre est toujours très agréable à contempler. Mais après une acclimatation au vol sans visibilité et baignés depuis près d’une heure dans un espace couleur bleu pâle, le retour à l’horizon naturel face au relief éclairé par le soleil, fait ressortir des couleurs de roches exceptionnelles.

L’évaluation des distances face à ce spectacle inattendu de roches lumineuses en est presque étourdissant, surtout lorsque vous êtes plusieurs minutes en rotation au point d’entrée en attente d’une autorisation pour vent arrière.

Mais, il faut rapidement reprendre ses esprits, car suivant les créneaux horaires le trafic aérien et les contrôleurs ne chôment pas.

Lorsque la tour vous rappelle et vous autorise en vent arrière, il faut plutôt faire vite, car il y a toujours un ou plusieurs airbus à vos fesses…

Nous découvrons sur notre gauche la ville de Calvi et sa citadelle. A notre droite il y a cette montagne, vu pendant le briefing, qu’il faut contourner pour avoir visuel sur la piste et se positionner à sa parallèle.

Ici l’étape de base est un virage continu sans vraiment mettre les ailes à plats.

Une finale, un complet et un dégagement par la gauche.. nous rejoignons le taxiway et son parking pour y retrouver nos deux compères déjà stationnés.

Nous avons bien fermé la marche du voyage comme prévu !

Après quelques minutes sur le plancher des vaches la tension descend doucement et finalement très content d’être arrivés.

Samedi, nous débutons notre tour de l’ile par la cote ouest d’Ajaccio. Après un déjeuné à Propriano, un ravitaillement carburant à Figari, nous survolons Bonifacio et les iles Lavezzi proches de la Sardaigne. Puis remontée par l’est : Porto-Vecchio, Solenzara, Cortés pour un retour sur Calvi.

Cette journée fut exceptionnelle par la beauté des différents paysages côtiers, avec une température douce et un vol calme.

Nous passerons nos soirées en terrasse au bord de l’eau et près de la citadelle, où nous dégusterons nos repas en commun.

Pour chacun, c’est le moment d’exprimer et de partager les temps forts du voyage et des vols.

Ce fut aussi des moments privilégiés de rencontre et de convivialité dont chacun aime ou aimerait partager certainement plus souvent.

Le retour le dimanche, sera dans les traces de l’aller jusqu’à l’aérodrome de Cuers pour y faire les pleins.

Le rendez-vous suivant sera la Lozère sur le plateau de l’aérodrome de Mende pour déjeuner. Une plateforme calme, verdoyante, ombragée et mythiquement célèbre par son film « la Grande vadrouille » où De Funès et Bourvil échappent aux allemands au commande d’un planeur tiré par une vieille automobile hotchkiss. Quelques photos et posters à l’intérieur du restaurant témoignent et immortalisent les acteurs lors du tournage.

Impossible de terminer notre voyage sans survoler le massif central pour admirer la chaine des puys avec ses parapentistes. Histoire de profiter nous aussi de quelques pompes pour faciliter notre digestion !

Passé les derniers vallons de l’Auvergne tout va très vite, les pâturages du Berry, les nombreux points d’eau en Sologne et notre plaine de Beauce en très longue finale.

Un retour d’expérience qui j’espère suscitera des envies au plus grand nombre.

Partager une passion, découvrir de nouveau horizons et avoir envie de repartir pour de nouvelles aventures !

Joël D